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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Histoire
Population : Réfugiés
Origine : Belgique

L?accueil en Ille-et-Vilaine des réfugiés belges et français des départements envahis ou évacués de 1914 à 1921
Lieu de l'étude : Ille-et-Vilaine - 2000

Auteur : Lefebvre L.
Formation : histoire
Institution : Université Rennes 2
Diplôme : maîtrise
Tuteur : Capdevila L.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 138 + annexes
Iconographie : non

Localisation : cote : MH 1985, bibliothèque du CRHISCO, Université Rennes 2, place du Recteur Henri Le Moal, 35000 Rennes, Bât. N, Porte N 201, contact : renan.donnerh@uhb.fr, 02 99 14 18 94
Accessibilité : consultable sur place, empruntable (si étudiant ou enseignant), photocopiage possible

Résumé

Constatant que l'historiographie de la première guerre mondiale est essentiellement une histoire politique, démographique et militaire, l'auteur s'intéresse dans son mémoire de maîtrise d'histoire aux aspects sociologiques, psychologiques et culturels à partir d'une étude sur les "populations de l'arrière", en particulier les réfugiés français et belges fuyant les horreurs de la guerre et l'occupation allemande. L'objectif de ce travail est de rendre compte de la manière dont ils ont été accueillis tant par la population locale que par les autorités administratives et l'Etat, sur un plan matériel, mais aussi moral car c'était la vision même de la solidarité nationale et des valeurs de l'Union Sacrée (au-delà des clivages sociaux, politiques et religieux) qui alors était en jeu. Pour cette étude, deux types de sources ont été utilisées : documents administratifs (archives départementales d'ille-et-Vilaine, archives municipales de Saint Malo et de Dol-de-Bretagne, circulaires, instructions, notes, télégramme consignées à la préfecture d'Ille-et-Vilaine et à la sous-préfecture et mairies d'arrondissement de Saint Malo, lettres de réfugiés) et articles de presse (L'Ouest-Eclair).
Dans une première partie, l'auteur revient sur l'exode et l'arrivée en Ille-et-Vilaine des réfugiés en identifiant trois périodes : d'août à novembre 1914 (première vague de réfugiés), la période allant de décembre 1914 à mars 1918 qui est marquée par des arrivées plus sporadiques et de mars à novembre 1918 avec la seconde vague de réfugiés. A partir de l'exemple de l'arrondissement de Saint Malo (35), l'auteur présente les caractéristiques de cette population : ce sont des réfugiés français et belges, des familles divisées avec la présence de femmes, enfants et vieillards, citadins dans leur grande majorité.
Dans une deuxième partie, s'interrogeant sur les raisons pour lesquelles il convient de les accueillir, l'auteur souligne le devoir de charité envers les plus démunis, d'Union Sacrée envers des Français qui souffrent plus que les autres, valeur d'ailleurs renforcée par cet accueil. Considérant les réfugiés belges comme un cas particulier, l'auteur montre comment la neutralité des autorités belges dans les premiers temps du conflit puis leur engagement auprès des troupes françaises et enfin leur entrée dans l'Union Sacrée ont une influence sur l'opinion française en général et l'accueil des réfugiés belges en particulier. L'entrée des Belges dans l'Union Sacrée conduit en effet les autorités françaises à organiser un accueil digne de cet engagement : ils sont en effet accueillis dans les foyers français et, quand ils ne le sont pas, l'administration prend le relais.
La troisième et dernière partie est consacrée à l'évolution du "dispostif" d'accueil sur la période considérée (1914-1921). L'auteur souligne que celui-ci n'est valable que pour une courte durée car mal organisé, l'accueil de réfugiés imprévus se réalise dans l'improvisation. Cette situation est toutefois compensée par l'enthousiasme et la bonne volonté des accueillants. Sur le long terme, c'est la routine et la lassitude qui dominent, les réfugiés, faisant désormais l'objet de la surveillance des autorités, doivent s'organiser eux-mêmes. Le problème de logement des réfugiés en ville ne tarde pas à apparaître. Avec la fin de la guerre, caractérisée par l'arrivée d'une seconde vague de réfugiés, l'Union Sacrée reprend ses lettres de noblesse même si ces arrivées massives exacerbent les problèmes d'organisation existants.

Commentaire

Mémoire très intéressant, mais sans doute un peu à la marge des question d'immigration en Bretagne. L'utilisation du terme réfugié est trompeur car dans ce travail, il est bien davantage question de réfugiés français fuyant les combats (notamment la population du nord de la France). En outre, il semble que les réfugiés belges n'ont pas été traités différemment des Français. Relevons qu'une réflexion socio-historique sur l'usage du terme réfugié serait à mener dans le cadre régional breton.
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