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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Histoire
Population : Réfugiés
Origine : Espagne, Italie, Pologne

Les réfugiés politiques dans le Morbihan au dix-neuvième siècle (Polonais, Italiens et Espagnols)
Lieu de l'étude : Morbihan (56) - 2000

Auteur : Mahé F.
Formation : histoire
Institution : université Rennes 2, Ceriem
Diplôme : maîtrise
Tuteur : Harismendy P.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 134 + annexes
Iconographie : non

Localisation : cote : MH1945, Bibliothèque du CRHISCO, Université Rennes 2, place du Recteur Henri Le Moal, 35000 Rennes, Bât. N, Porte N 201, contact : renan.donnerh@uhb.fr au 02 99 14 18 94.
Accessibilité : consultable sur place (étudiants, enseignants, chercheurs), photocopiage possible

Résumé

Les réfugiés qui affluent en France au 19ème siècle fuient les répressions qui s'abattent sur eux dans les pays voisins. C'est durant la Monarchie de Juillet (1830-1848) que le plus grand nombre de fuyards rejoignent la France et, à partir de cette date, les archives sont plus riches car l'Etat français met en place une politique d'encadrement. Les archives qui forment la clé de voûte de ce mémoire proviennent de fonds « peu défriché(s) » des Archives départementales du Morbihan (18 cartons, particulièrement des séries 4M ; ainsi que M se rapportant à la sous-préfecture de Pontivy et 1Z se rapportant à la sous-préfecture de Lorient) et « jamais consulté(s) » des archives municipales de Vannes (un carton consulté, le 2I147).
L'auteure se demande si l'accueil dans le Morbihan est spécifique et découpe pour cela son analyse en trois parties, consacrées à l'émigration et ses caractéristiques socio-démographiques ; à la spécificité géographique morbihannaise et, enfin, à une évaluation de l'intégration de ces réfugiés.
Le premier chapitre de la première partie consiste à comparer les portraits des réfugiés dans la totalité de la France à ceux accueillis dans le Morbihan. 332 personnes arrivent pendant tout le siècle ? seuls sont recensés celles touchant des subsides de l'Etat ? , Polonais (43 %), Italiens (35 %), Espagnols (22 %), mais pas d'Allemands comme ailleurs et peu de femmes. Le "portrait-robot tracé de ces réfugiés est le suivant "[?] le Polonais est un sous-lieutenant âgé, pour l'émigration de 1830, de 26 ans et de 42 ans pour l'exil après 1848 ; le réfugié de la péninsule italienne appartient à la haute société et a 32 ans tandis que l'Espagnol, âgé de 24 ans en 1840 et de 28 ans en 1890, est un officier" (p. 20). Des "secours de route" sont versés à ces réfugiés ? avant d'être revus à la baisse en 1843 ? dès leur arrivée sur le territoire français, distribués le long d'un itinéraire obligé avec passeport visé (exemple, p. 29) ; ce qui montre bien que l'accueil français est déjà structuré. Les montants de ces aides, l'organisation des "dépôts", camps recevant les réfugiés à Auray, Lorient, Vannes et Belle-île sont ensuite décrits. Les concentrations d'individus s'avèrent négatives, comme le montre les documents décrivant celui de Belle-île. La loi de 1832 astreindra les étrangers à se rendre dans les régions choisies par l'Etat ? en l'occurrence le Morbihan, qui reçoit ainsi des réfugiés de Rhodez et Moulins.
L'aide gouvernementale est enfin détaillée (subsides réguliers, aide exceptionnelle, aide matérielle), ainsi que son évolution au cours du siècle : montant, rationalisation de la distribution, lutte contre les fraudeurs qui ne seraient pas de vrais réfugiés (p. 48 et suiv.)
La seconde partie s'attache à analyser les spécificités de l'accueil morbihanais. Les lieux de provenance des réfugiés sont Bourges pour les Polonais, le dépôt de Moulins pour les Italiens et les autres départements bretons pour les Espagnols. Qu'est-ce qui motive le choix du Morbihan ? D'abord, de nombreuses villes comme Paris, Marseille et Lyon et des régions (notamment pour les Espagnols) sont interdites aux proscrits, pour éviter les désordres publics (1836) ou les contacts avec les insurgés ; et l'Etat français procède d'autre part à des assignations de départements ou de villes. Enfin, certains demandent à venir s'installer parce qu'ils y ont trouvé du travail. Mais cette population émigrée se caractérise par une grande mobilité, à l'intérieur comme à l'extérieur du département, le plus souvent par obligation préfectorale ou pour travailler mais aussi pour des questions de santé liées au climat (20 réfugiés dont 18 Italiens !), sans compter les marchands ambulants, surtout espagnols (p. 68 et suiv.).
La dernière partie sur l'intégration des réfugiés s'intéresse dans un premier temps aux rouages administratifs (maire, préfet, ministre) dans leur capacité à contrôler mais aussi protéger les réfugiés (p. 97 et suiv.). Le maire dispose en particulier d'un pouvoir important dans la vie quotidienne des réfugiés et transmet des informations sur leurs comportements, qui décideront du maintien des subsides. Le chapitre sur "l'intégration affective" traite des mariages mixtes ? dont l'auteur fait assez bizarrement le critère d'une intégration "réussie". Polonais et Italiens pratiquent plus volontiers cette forme d'alliance, quand les Espagnols s'en abstiennent. Certains trouvent aussi un emploi rapidement ou mettent à profit le temps d'exil pour étudier (établissement d'un jeune vétérinaire à Ploërmel). Enfin, la naturalisation (4 cas dans le département) couronne, selon l'auteur, ce processus. Le défaut d'intégration est, pour l'auteure, du à "la préférence nationale"?qui consiste à choisir un compatriote pour médecin, par exemple.

Commentaire

Des données intéressantes mais malheureusement organisées selon un plan qui n'est pas suffisamment clair.
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