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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Répertoire des travaux sur l'immigration étrangère en Bretagne
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Thème : Histoire
Population : Réfugiés
Origine : Espagne

Jalons pour une histoire de l?immigration étrangère en Ille-et-Vilaine à l?époque contemporaine
Lieu de l'étude : Ille-et-Vilaine (35) - 1996

Auteur : Pigeard de Gurbert F.
Formation : histoire
Institution : université Rennes 2
Diplôme : maîtrise
Tuteur : Sainclivier J.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 175 + annexes
Iconographie : oui

Localisation : cote : TH376, Bibliothèque du CRHISCO, Université Rennes 2, place du Recteur Henri Le Moal, 35000 Rennes, Bât. N, Porte N 201, contact : renan.donnerh@uhb.fr au 02 99 14 18 94.
Accessibilité : consultable sur place (étudiants, enseignants, chercheurs), photocopiage possible

Résumé

Comme le demande la démarche historienne, une large place est accordée dans le mémoire aux sources conservées aux Archives départementales d'Ille-et-Vilaine ? leur description, leur intérêt et leurs limites. L'auteur constate avec surprise l'abondance autant que l'éparpillement de ces archives, dans une région où le caractère historiquement marginal du phénomène migratoire laissait prévoir une faible documentation. L'auteur limite ses investigations à la période courant du 19eme siècle à la Seconde guerre mondiale, et plus particulièrement la période 1911-1926. La première source étudiée est la sous-série 4M, intitulée « Police, Administration, Sûreté générale ». Elle offre une importante rubrique consacrée aux étrangers dont l'auteur indique le classement (150 liasses) et dégage deux thèmes principaux (expulsions d'étrangers délinquants avec dossiers nominatifs ; et tableaux de contrôle des étrangers, permettant un dépouillement statistique mais aussi une approche qualitative grâce aux listes nominatives). On notera pour l'anecdote une étonnante « enquête sur les gens de couleur en Ille-et-Vilaine » qui date de 1807 (p. 16) ou des « dénonciations de sujets ottomans adressées à la police » (p. 35).
La seconde source archivistique étudiée est le recensement de population (sous-série 6M) et les publications de la Statistique Générale de France ? ancêtre de l'Insee, à partir desquelles l'auteur dresse la liste des communes où résidaient des étrangers (en spécifiant les Italiens) en 1921 et 1926. Enfin, les 50 pages suivantes sont consacrées au détail (sous forme de listes) des autres sources disponibles aux Archives Départementales.
La seconde partie donne les résultats de l'enquête partielle menée dans les archives sur la période 1921-1926. On y apprend que, dans un contexte de diminution de population locale (moins 8,2 % entre 1911 et 1921), le nombre d'étrangers est, dans le même temps, en légère augmentation (de 1296 à 1913), représenté à près de 80 % par les Britanniques, les Belges, les Italiens et les Espagnols, auxquels s'ajoutent Américains (4,17 %), Russes (4,07 %), Suisses (3,80 %) et, dans une faible proportion Tchécoslovaques, Polonais, Asiatiques et Africains (plus 6 % environ de nationalités inconnues). La plupart est jeune, plus instruite que la moyenne départementale, plus féminine que masculine (Britanniques, Américains) et principalement installée dans la région malouine.
En 1926, la population étrangère a plus que doublé avec un effectif de 4267 et le visage de l'immigration en Ille-et-Vilaine a changé : les Britanniques sont toujours en tête des migrants mais les Italiens arrivent désormais en seconde position devant les Africains (sujets français, 535 personnes), les Polonais (487), les Belges (en baisse, 460), les Espagnols (329) puis les Suisses et les Russes. La part féminine baisse (sauf chez les Britanniques) tandis que la part des illettrés double (13 % environ en 1921). Tout cela indique bien une immigration plus populaire, à caractère économique. La géographie de l'installation change aussi puisque les pôles urbains que sont l'arrondissement de Rennes, Fougères, Vitré, accueillent de plus en plus ces étrangers (derrière Saint Malo qui reste en tête). La grande majorité (85 %) de ces immigrés sont désormais ouvriers ou employés, travaillant principalement dans l'industrie de transformation (3 actifs étrangers sur 10, les Italiens étant très présents dans le Bâtiment), l'armée (2 sur 10, en quasi-totalité des Africains) et l'agriculture (18 %, beaucoup de Polonais). Tandis que les femmes sont présentes dans les « professions libérales », l'agriculture et les « soins personnels et domestiques ».
Enfin, le second chapitre traite plus spécifiquement des Italiens, venus surtout du Piémont et du Frioul (vers 1926).

Commentaire

L'approche est surtout démographique et statistique et les entretiens menés en parallèle au dépouillement des archives apparaissent peu.
Le mémoire est un outil très précieux pour aborder les Archives Départementales? surtout au non historien peu au fait du fonctionnement de cette institution ?, dans la mesure où les documents traitant directement ou indirectement des étrangers y sont recensés avec précision et évalués.
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