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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Identité
Population : Descendants d'immigrés
Origine : Maghreb France

La double appartenance culturelle chez des enfants issus de familles immigrées maghrébines. Etudes comparative d?enfants âgés de 9 à 11 ans issus de familles françaises et de familles immigrées maghrébine
Lieu de l'étude : Brest (29) - 1998

Auteur : Kerzil J.
Formation : psychologie/psychopathologie
Institution : Université de Bretagne Occidentale. Brest
Diplôme : maîtrise
Tuteur : Planche P.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 107+ annexes
Iconographie : non

Localisation : cote : T2 Br 598/2 UBO/ CRDV - site Segalen - 20 rue Duquesne - 29000 Brest
Accessibilité : consutable sur place

Résumé

De l'auteure : « Cette recherche se propose d'étudier la double appartenance culturelle chez des enfants issus de familles immigrées maghrébines, âgés de neuf à onze ans. Grâce à l'étude comparative de deux groupes d'enfants, les uns issus de familles immigrées maghrébines et les autres issus de familles françaises, nous avons essayé d'appréhender la manière dont se manifeste la problématique du double lien chez les enfants dits de la « deuxième génération ». En utilisant des outils de recueil de données précédemment employés dans des recherches sur des adolescents issus de familles immigrés et en les adaptant à des enfants plus jeunes, nous avons voulu isoler les difficultés réellement dues à la double appartenance culturelle de celles liées à des facteurs affectivo-cognitifs caractéristiques d'une période existentielle. La problématique psycho-affective de ces enfants est saisie dans ses dimensions identitaires (identifications aux imagos parentales) et culturelles (transmission transgénérationnelle de la culture). »

lecture extérieure: Dans son mémoire, l'auteure postule d'emblée l'existence d'un double lien chez les enfants issus de l'immigration et elle cherche à en évaluer les éventuelles conséquences. Pour répondre à son questionnement, elle a constitué deux groupes de 14 enfants de 9 à 11 ans, (filles : 7 immigrés, 9 non immigrés ; garçons : 7 immigrés, 5 non immigrés) élèves en CM1 et CM2 à l'école primaire publique à Pontanésen. ZEP à Brest. Il n'y a pas d'enfants de couples mixtes et l' homogénéité sociale entre les différents enfants est postulée sur la base du lieu de résidence familiale commun à tous. La méthodologie consiste en des tests passés aux enfants immigrés et non immigrés : questionnaires et dessins à partir desquels est établie une comparaison entre enfants immigrés et non immigrés
Le constat est que tous les enfants issus de familles immigrées maghrébines sont dans une problématique du double lien qui peut avoir des répercussions plus ou moins aiguës sur la vie relationnelle et l'image de soi.Ce fait est perçu comme un risque, les problèmes latents à cette période pouvant se développer à l'adolescence. La situation n'est pas homogène. Les enfants d'immigration récente ayant plus de difficultés à trouver « l'équilibre entre culture française que ceux issus d'une immigration plus ancienne. Les divergences sont relevées au sein des fratries entre ceux qui sont nés en France et ceux qui ont vécu longtemps au Maghreb. L'auteure énonce les facteurs premettant de dépasser ce double lien : l'ancienneté de la migration et l'insertion socio professionnelle des parents et fratrie plus âgée.
Elle souligne une tendance importante et propre aux enfants issus de l'immigration. A cet âge, alors que les enfants ne sont généralement pas en conflit avec leurs parents, les enfants issus de l'immigration, eux, montrent déjà des signes de divergence qui, pourront, plus tard, les opposer de manière plus radicale à leurs parents. Ils sont déjà amenés à réfléchir sur le bien fondé de chacune des deux cultures auxquelles ils sont confrontés, réflexion pour laquelle ils ne sont pas mûrs.
Ce constat l'amène, en fin de parcours, à s'interroger sur la pertinence du choix de la classe d'âge 9-11ans pour ce type de problématiques et elle se demande si la démonstration n'aurait été pas été plus parlante, plus manifeste avec des adolescents.
Pour l'auteure, l'étude du double lien d'un point de vue developpemental est nécessaire car elle permet d'agir dans un but préventif avant la mise en place de conduite déviantes qui peuvent survenir à l'adolescence comme la délinquance et les toxicomanies. Elle préconise notamment, la nécessité d'une étude longitudinale sur le double lien chez les enfants issus de familles immigrées. « Une telle étude pourrait également favoriser la mise en place de méthodes d'intervention socio-éducatives adaptées afin de prévenir l'apparition d'éventuelles conduites à risques chez cette population »

Commentaire

Le postulat de l'existence a priori d'un double lien chez les enfants issus de l'immigration pose question. C'est un élément essentiel qu'il aurait fallu, en amont de l'expérimentation et pour étayer la réflexion, définir et mettre en évidence. Les interprétations des tests ont conduit à une analyse imputant au double lien le risque d'orienter les enfants vers des conduites déviantes ultérieures. Une telle analyse est à appréhender avec précaution tant elle semble s'ajuster à une conception plus stéréotypée que réelle des enfants issus de l'immigration.
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