
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Identité
Population : Enfants
Origine : Viêt Nam
Socialisation et transplantation : la construction d'une identité. L'exemple d'enfants viêtnamiens à Rennes
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 1989
Auteur : Wadbled M.
Formation : sociologie
Institution : Université Rennes 2 Ceriem
Diplôme : DEA
Tuteur : Simon P-J.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 136
Iconographie : oui
Localisation : Adériem, secrétariat : 02 99 47 15 95
Accessibilité : consultable sur place
Résumé
Ce mémoire s'inscrit dans une lignée de travaux développés à l'Université de Rennes2, au CERIEM, laboratoire de sociologie spécialisé dans les migrations et les relations interethniques.
L'objectif de ce travail est de montrer le rapport qu'entretiennent les membres d'un groupe minoritaire avec le modèle dominant de la société française. L'auteure prend l'exemple de familles de réfugiés viêtnamiens arrivés en France à partir de 1975 et vivant à Rennes. Elle s'attache plus particulièrement à la socialisation des enfants, à la construction de leur identité ethnique, dans ce contexte social et culturel différent de celui du Viêt Nam.
La méthodologie appliquée combine observation directe et /ou participante et des entretiens semi directifs menés auprès d'une quinzaine de familles installées à Rennes et ayant des enfants à charge, enfants et adolescents (25 enfants).
Une première partie situe les contextes : d'abord historico-politique viêtnamien qui a conduit à l'exil des familles venues par la voie des boat-people ou par l'émigration légale ; puis une très courte présentation du contexte rennais et enfin, des données socio-démographiques sur la population viêtnamienne en France et à Rennes.
Le chapitre suivant examine la situation de contact entre les familles et la société d'accueil et ses conséquences sur la socialisation des enfants à travers la présentation de quelques aspects de l'environnement physique et social en France: climat, habitat, voisinage, rythmes de vie, vie festive, le poids des institutions, et surtout le rôle normatif de l'école. L'auteure souligne les divergences des modes de vie et valeurs en France et au Viêt Nam mais aussi les points convergents, comme le rapport à l'instruction par exemple. Elle constate que les enfants vivent en alternance ou de façon juxtaposée dans deux univers culturels différents parfois même antagoniques.
La partie suivante traite de la construction de l'identité ethnique des enfants et, pour ce faire, s'appuie sur le rapport à la langue, au corps et à l'alimentation considérés par les adultes comme des éléments identitaires forts intériorisés par, et au cours de la socialisation. Alors que cette intériorisation est quasi naturelle au Viêt Nam, en situation de transplantation, les choses changent. Vivant dans deux univers, les enfants sont soumis à une forte influence de la société française et les parents tentent d'inculquer à leurs enfants, en recourant parfois à un mode formel, ces manières de faire et d'être qui sont les leurs et qu'ils défendent face à celles de la société française. La plupart des parents font preuve d'une vigilance à l'égard de l'apprentissage de la langue viêtnamienne, tant pour des raisons de commodité que parce qu'elle renvoie à un rapport social spécifique qu'ils tiennent à transmettre. Malgré cette attention et les cours prodigués dans le cadre associatif, la compétence linguistique viêtnamienne s'appauvrit au profit de la langue française que les enfants maîtrisent mieux et préfèrent employer entre eux, le viêtnamien étant réservé aux échanges avec les adultes. Le rapport au corps, les vêtements et techniques sont en partie maintenus, mais plus chez les filles que les garçons. Dans les manifestations collectives (Nouvel An) ce sont principalement elles qui sont sollicitées pour présenter des danses dites traditionnelles, qui apprennent à jouer des instruments traditionnels, qui portent les tenues traditionnelles lors des manifestations collectives. Si l'alimentation des adultes est principalement constituée de plats viêtnamiens, celle des enfants combine cuisine française et vietnamienne. Les enfants fréquentant souvent les cantines scolaires sont vite habitués aux mets français et les apprécient. Comme pour la langue, les enfants contribuent à faire pénétrer dans le foyer la cuisine française. Bien que la cuisine familiale soit surtout viêtnamienne, les mères, pour faire plaisir à leurs enfants, leur préparent parfois des repas dits français (poulet ou steacks frites).
A travers l'examen de ces différents éléments constitutifs de l'identité, l'auteure constate le processus d'acculturation à l'?uvre mais aussi, simultanément, une intériorisation de normes et valeurs familiales par les enfants qui prennent conscience de la spécificité de leur identité dans le contexte français. Un sentiment d'appartenance particulier qui, s'inscrit dans un rapport social inégalitaire renvoie à la notion d'ethnicité.
Commentaire
Un travail de type ethnographique centré sur quelques aspects de la socialisation des enfants viêtnamiens en situation de transplantation, choisis pour leur incidence dans la construction identitaire.
