
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Identité
Population : Femmes
Origine : Maghreb
Adolescence et construction identitaire chez les filles de migrants maghrébins. Analyse de stratégies d?individualisation des Maghrébines face aux identifications et à leur prise en charge collective
Lieu de l'étude : Brest (29) - 1998
Auteur : Moulin C.
Formation : sociologie
Institution : Université de Bretagne occidentale
Diplôme : maitrise
Tuteur : Lacombe Ph.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 130 + annexes
Iconographie : non
Localisation : cote : T2 Br 598/27 - Université de Bretagne Occidentale/ CRDV site Segalen 20 rue Duquesne 29000 Brest - Cote : T2 Br 598/27
Accessibilité : consultable sur place
Résumé
Cette étude s'intéresse au processus d'identification collective des enfants de migrants, son évolution et son inscription dans la société française. Partant de l'idée que les enfants de migrants ont une double culture, qu'ils évoluent dans deux systèmes sociaux différents, complémentaires ou antagonistes, l'auteure cherche à cerner la manière dont les jeunes concilient culture familiale et sociale; articulent leurs réponses aux différentes exigences et attentes. Posant d'emblée une forte différence entre les garçons et les filles maghrébins, la socialisation reposant sur une forte opposition entre les sexes, c'est uniquement la situation des filles issues de l'immigration maghrébine qu'elle va traiter ici. Partant du fait qu'elles sont soumises à une prise en charge collective forte et donc à des contraintes pour les amener à correspondre au rôle attendu par la collectivité, l'auteure se propose de cerner les différentes stratégies identitaires utilisées par les adolescentes d'origine maghrébine pour concilier les attentes familiales et l'affirmation autonome de soi, pour accéder à une émancipation et à une identité sociale individuelle. Le terrain est constitué d'entretiens semi-directifs menés auprès de 11 jeunes filles, âgées de 17 à 24 ans, vivant à Brest et de situations sociales différentes. Se situant dans la perspective interactioniste, l'accent est mis sur les interactions dans les appartenances de groupes et les sociabilités.
Les jeunes filles s'expriment sur leurs relations sociales au sein et hors de la famille. Les familles, par des contraintes, des interdits s'exerçant sur les filles, les perçoivent comme l'incarnation de l'identité collective au dépend de la reconnaissance individuelle. Mais cependant l'attitude varie selon que la famille est issue d'un milieu rural, plus traditionnel et conservateur ou urbain, où même si le poids du regard pèse, il existe une plus grande souplesse, une possibilité de négociation pour les jeunes filles. La famille tente de préserver le modèle culturel mais sans y parvenir totalement dans la migration. Si la famille oriente la construction identitaire des filles, elle ne réussit pas à la maîtriser réellement.
Hors de la famille, les filles reformulent leur culture. Sans rejeter des normes et valeurs religieuses et familiales, elles se les réapproprient en les interprétant dans un sens qui correspond à leur réalité et élaborent ainsi une culture qui n'est pas la reproduction des modèles préexistants. L'auteure souligne qu'il y a une résistance des jeunes filles aux identités prescrites du type : « française », « maghrébine », « immigrée », « arabe ». Elle ne constate pas une articulation entre deux modèles culturels mais une nouvelle élaboration tenant compte des diverses sphères sociales et culturelles dans lesquelles évoluent les jeunes filles. Leur identité est ici définie comme multiforme, cohérente, adaptée aux enjeux et acteurs en présence. Selon Caroline Moulin, cette identité aux multiples appartenances ne génère pas de troubles identitaire ou de situation anomiques.
