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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Langue
Population : Femmes
Origine : Turquie

Femmes turques rejoignantes : les enjeux de l?alphabétisation
Lieu de l'étude : Lorient (56) - 2002

Auteur : Tromilin M.
Formation : assistant social
Institution : IRTS de Bretagne, site de Lorient
Diplôme : fin d'étude
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 54 + annexes
Iconographie : non

Localisation : Centre de ressources, IRTS de Bretagne, site de Lorient, 7 rue des Montagnes, 56 100 Lorient, 02 97 87 65 22
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible, empruntable

Résumé

Dans son mémoire de fin d'étude d'assistante sociale, l'auteure s'interroge sur l'apprentissage de la langue française par la population immigrée non francophone, en particulier les femmes turques venues rejoindre leur mari, qu'ils soient nés en France ou venus y travailler. Au-delà du processus cognitif d'apprentissage, elle pose la question de la place de la langue française dans le parcours d'intégration des immigrés en France.
Dans une première partie, l'auteur envisage la femme turque rejoignante comme une synthèse entre tradition et ouverture sur la société dite "d'accueil". A grands traits, elle dresse les contours de l'organisation traditionnelle turque (culture, religion, vie intra-ethnique et rôle de la femme dans la société turque traditionnelle), les circonstances de leur arrivée en France et le contexte juridique de leur installation. L'alphabétisation des femmes turques rejoignantes est présentée comme une étape importante du parcours d'intégration en France.
Dans une seconde partie, elle présente les conditions de réalisation de son enquête auprès de huit femmes turques et de professionnels de l'intervention sociale (institutionnels et associatifs : Ddass, Fasild, responsables organismes de formation) et un certain nombre de résultats. Pour évaluer les effets de la formation linguistique, les deux critères retenus pour le choix des enquêtées turques sont, d'une part, l'ancienneté et le statut de leur présence en France (être venue en France par le biais du regroupement familial une dizaine d'années auparavant) et, d'autre part, la durée de participation aux ateliers d'alphabétisation. En plus des entretiens semi-directifs, l'auteur a mené des observations directes lors des ateliers et des conversations informelles. Il ressort de l'enquête que plus elles sont arrivées récemment, plus il est aisé pour elles d'accéder au cours de langue, mais qu'il n'existe pas de corrélation entre la durée de l'alphabétisation et le temps passé en France. Il ressort également que la motivation pour assister à ces cours est à la croisée de la volonté individuelle pour trouver une place en France et d'une contrainte extérieure plus ou moins formellement exprimée.
En guise de conclusion, l'auteur affirme que l'apprentissage de la langue française est pour ces femmes un facteur de "progression de la re-socialisation", c'est-à-dire qu'il permet d'élargir le réseau de relation, de sortir de chez soi, favorise l'accès aux soins et modifie les habitudes vestimentaires. Un autre facteur important est le travail ou le projet de travail.

Commentaire

Ce mémoire s'inscrit dans une démarche professionnelle et adopte une vision assez normative de l'intégration des immigrés qui doit se réaliser selon un processus balisé. L'idée implicite de l'auteure est que les femmes turques sont "les moins bien intégrées" au regard d'un certain nombre de critères (langue, travail, réseau de sociabilité, indépendance, mariage, etc.) et qu'il convient d'identifier des facteurs favorisant leur mise en conformité avec la "norme française". Dans cette présentation, les cours d'alphabétisation sont présentés comme un prétexte et non une fin en soi, l'objectif premier étant de les faire sortir de chez elle pour les "re-socialiser".
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