Skip navigation
Observatoire des Migrations en Bretagne

Observatoire des Migrations en Bretagne

Répertoire des travaux sur l'immigration étrangère en Bretagne
Présentation | Bilan documentaire | Liens

Recherche de documents
[Aide]

Thèmes | Populations | Origines
Fiche Document     << Retour
Thème : Langue
Population : Immigrés
Origine : Algérie (Arabes, Kabyles)

Etude micro-linguistique et communicationnelle des pratiques bilingues (arabe-français et kabyle-français) chez deux familles immigrées
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 2000

Auteur : Asselah-Rahal S.
Formation : sociolinguistique
Institution : Université Rennes 2, Ceriem
Diplôme : doctorat
Tuteur : Blanchet P.
Type document : mémoire
Support : papier, microfiches
nbre de pages : 404
Iconographie : non

Localisation : Bibliothèque centrale universitaire, Campus Rennes 2, Villejean, 19, av. de la bataille de Flandres-Dunkerque, 35043 Rennes cedex, Tél. 02 99 14 12
Accessibilité : empruntable, consultable sur place, photocopiage possible

Résumé

La recherche porte sur les pratiques bilingues (arabe-français et kabyle-français) de deux familles issues de l'immigration algérienne dans la région rennaise. L'approche est micro-sociolinguistique et communicationnelle puisqu'il s'agit de décrire et d'analyser les interactions bilingues au sein de ces deux familles. Pour cela, l'auteure a subdivisé son travail en plusieurs sections. Dans une première partie, elle présente la situation socio-historique et sociolinguistique du milieu d'origine des informateurs, l'Algérie, ainsi que le paysage sociolinguistique du milieu d'accueil. Elle y constate en particulier que le plurilinguisme breton (français/breton/gallo) fait écho au plurilinguisme algérien. D'autre part, dans le milieu linguistique d'accueil, il existe un contact entre les langues d'immigration comme le berbère, l'arabe et l'espagnol. Toujours dans la présentation des cadres de l'étude, l'auteure traite des différents visages du bilinguisme et ses conséquences : l'alternance de codes, l'emprunt, l'interférence, en insistant sur ses fonctions dans la conversation.
Dans un autre chapitre, l'auteure expose le cadre théorique de sa thèse, en insistant sur l'approche interactionnelle qui est la sienne. Dans toute situation de bilinguisme, il y a forcément des facteurs externes (participants, thèmes de discussion, lieu/cadre) qui jouent un rôle dans le choix des langues. Pour ce faire, elle adopte la grille d'analyse préconisée par D. Hymes dénommée "speaking" car elle prend en compte les principes essentiels de l'échange linguistique : les participants, le cadre, les actes, les genres, les instruments. Sa question centrale est alors : existe-t-il une corrélation étroite entre les choix linguistiques et ces composantes ?
La seconde partie de la Thèse analyse un corpus de plusieurs heures d'enregistrement de conversations informelles de deux familles commerçantes non sédentaires (une famille kabyle et une famille arabe) vendant leur marchandise sur les marchés des Lices et de Ste Thérèse à Rennes. La famille bilingue français-arabe est venue d'Alger en 1993 tandis que la famille bilingue français-kabyle s'est installée à Rennes en 1974 et 1981 (les enfants les plus jeunes sont nés en France). Les enregistrements ont été effectués sur le marché et lors des repas familiaux. L'auteure examine concrètement le mode de fonctionnement de l'alternance codique en organisant sa réflexion autour d'une classification systématique des éléments linguistiques favorisant le glissement d'une langue à une autre (interlocuteur, thème de discussion, situation, etc.). Ainsi, la langue maternelle renvoie plus à l'affect et certains thèmes abstraits sont plutôt abordés en français. En outre, l'alternance codique a une force expressive (le changement de langue et en particulier le passage à l'arabe et au kabyle permet d'accentuer la force de certaines expressions, comme les injonctions du père aux enfants). S. Asselah-Rahal repère aussi les cas où l'alternance des langues est systématiquement faite (alternance répétitive où les mêmes mots sont dits en français et en arabe ou kabyle par exemple ; expression plus économique d'une idée?), elle ajoute donc à la compétence communicationnelle plutôt qu'elle ne lui nuit. Enfin, le phénomène d'emprunt permet de combler des lacunes lexicales.

Commentaire

L'intérêt méthodologique d'une telle approche, dont le matériau est le plus '"naturel" possible est évident, d'autant que les interactions familiales sont difficiles à saisir : l'auteure a usé d'un stratagème consistant à confier le magnétophone à un fils de la famille car elle n'était pas admise dans la vie familiale intime. Elle a pu en revanche enregistrer et observer elle-même les conversations au marché. Il faut aussi souligner la rareté des travaux de recherche en sociolinguistique consacrés à l'immigration. Ce travail et ses conclusions mériteraient d'être connus des enseignants bretons ? notamment ceux des premiers cycles - dont beaucoup se posent des questions sur le bilinguisme de leurs élèves et ses effets. L'écriture est peut-être un peu technique pour pouvoir toucher un public plus large que celui des universitaires et mériterait d'être "vulgarisée".
visites