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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Religion
Population : Immigrés
Origine : Congo, Angola

Le kimbanguisme en France. Réflexions sur une communauté religieuse d?origine congolaise
Lieu de l'étude : Rennes (35), Région parisienne - 1998

Auteur : Mokoko Gampiot A.
Formation : sociologie
Institution : université Rennes 2, Ceriem
Diplôme : DEA
Tuteur : Simon P.J.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 103 + annexes
Iconographie : oui

Localisation : cote : TRE10, Adériem, secrétariat : 02 99 47 15 95
Accessibilité : consultable sur place

Résumé

"S'il y a désormais en France de fortes minorités juives, musulmanes et bouddhistes qui sont perçues comme porteuses de valeurs différentes des valeurs françaises, rares sont les immigrés africains noirs, excepté les musulmans originaires des pays d'Afrique subsaharienne, qui y laissent apparaître un profil religieux" (p. 4). Le kimbanguisme, inconnu en France, jouit au contraire d'une forte notoriété au Congo-Brazzaville, au Congo-Kinshasa et en Angola. Il consiste sur le plan doctrinal en une réinterprétation et une réappropriation du message chrétien revalorisant l'identité noire. Dans cette perspective, Adam et Eve sont considérés comme étant des Noirs qui, à cause de la sorcellerie héritée de Satan, ont précipité les Noirs dans un gouffre, origine de leur statut minoritaire (absence des Noirs des grandes découvertes, oppression coloniale et insignifiance des Noirs). Le fondateur Simon Kimbangu est perçu comme le rédempteur des Noirs et la communauté kimbanguiste comme peuple élu de Dieu qui, sous l'action de l'Esprit Saint, inventera des choses jamais encore inventées et se verra débarrassée de toute forme d'oppression et d'aliénation.
L'enquête s'est déroulée en deux temps, faite d'observation participante et de 25 entretiens à Paris (18) et à Rennes (7).
L'auteur trace d'abord le cadre historique de l'organisation kimbanguiste en France. Rennes rassemble quant à elle une trentaine de fidèles se retrouvant tous les week-ends au centre AFTAM (foyer Guy Houist). C'est une communauté en gestation qui n'a pas encore mobilisé tous les kimbanguistes présents à Rennes et n'a pas d'existence officielle auprès des instances locales. La morale kimbanguiste, mêlée de culture congolaise, imprègne fortement la vie familiale, le mariage et l'élevage des enfants (présentation de l'enfant à la communauté à 3 mois, circoncision, apprentissage des rôles sexués).
La seconde partie est intitulée "Intégration ou repli communautaire". Les kimbanguistes se trouvent en France confrontés à une double attitude du pays d'accueil ? attitude d'ouverture (liberté associative) mais aussi de rejet (défaut de légitimité dans un monde catholique orthodoxe ? bien que le kimbanguisme soit reconnu comme mouvement chrétien ?, histoire de l'immigration africaine noire créatrice de stéréotypes et de préjugés, politiques migratoires restrictives, déclassement social des diplômés : "Je suis docteur en sciences économiques, mais dans ce pays de Blancs, je suis obligé de me débrouiller pour vivre, je suis veilleur de nuit", p. 66 ; racisme "parce que je suis fils aîné de Dieu", p. 72). Les Kimbanguistes eux-mêmes se situent dans ce double mouvement d'attraction (système d'instruction français) et de rejet (attachement à l'Afrique comme "mère-patrie" religieuse, absence d'identification avec la société française en tant que collectivité historiquement et politiquement définie).
La dernière partie traite de la morale religieuse et des différentes cérémonies religieuses, puis de la perspective du retour.

Commentaire

Le mouvement religieux kimbanguiste est peu étudié et peu connu en France et pas du tout en Bretagne ? où les études sur les migrations d'Afrique sont presque inexistantes. La position singulière de l'auteur, sociologue issu d'un milieu familial kimbanguiste, est originale et apporte à sa vision du mouvement sans nuire à son objectivité. Ce mouvement religieux, qui consiste avant tout en un renversement du stigmate du Noir, est analysé ici dans le contexte d'un rapport interethnique inversé (non plus le rapport colonial en Afrique mais le rapport minoritaire-majoritaire en France) où les kimbanguistes se replient sur leurs valeurs et leurs groupes en réponse au rejet de la société française et, en particulier, à leur difficultés d'insertion socio-économique. La recherche est essentiellement qualitative. L'écriture et la présentation sont claires et faciles d'accès.
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