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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Santé
Population : Immigrés
Origine : Turquie

Des problèmes d'équilibre alimentaire chez les familles turques
Lieu de l'étude : Vannes (56) - (1996?)

Auteur : Günes F.
Formation : conseiller en économie sociale et familiale
Institution : service interacadémique des examens et concours de l'Ile-de-France
Diplôme : BTS
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 29 + annexes
Iconographie : non

Localisation : Contrat de Ville Vannes, 39 quater, rue Albert 1er, 56 000 Vannes
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible

Résumé

Le mémoire trouve son origine dans l'idée de rendre accessible aux femmes turques les documents et activités concernant l'alimentation, en appui au travail de la conseillère professionnelle. En faisant un travail de médiation et de traduction (l'auteur est d'origine turque) entre la professionnelle et son public, elle s'est rendue compte d'une préoccupation des femmes turques rencontrées, la prise de poids mal maîtrisée et elle a décidé de lui consacrer son mémoire de BTS.
La première partie du mémoire est consacrée à l'enquête des pratiques alimentaires recueillies par questionnaire auprès de 18 femmes (sur 28 contactées). Les caractéristiques socio-économiques de ces femmes sont détaillées en annexe.
Bien que le quartier ne soit pas cité, on peut penser qu'il s'agit de Ménimur ou de Kercado à Vannes, quartiers où se regroupent la plupart des familles d'origine turque. Le mémoire fournit des indications démographiques sur cette population du quartier (50 familles soient 200 personnes, 30 premières arrivantes jeunes couples issus de ces familles dont 17/20 mariés avec un conjoint de Turquie et 3 avec un Turc de France ; ménages de 7,6 personnes en moyenne d'après le recensement de 1990). Les habitudes de vie sont brièvement décrites, notamment la séparation des activités masculines et féminines dans la journée, l'inactivité professionnelle des femmes (par habitude culturelle et manque de formation) et leur inactivité physique (pas de sport sauf de la marche pour les diverses courses, mais deux femmes ont commencé la gymnastique dans un groupe de quartier et deux autres en font à la maison). L'alimentation, estime l'auteur, est globalement déséquilibrée. Les traditions culinaires obligent à des préparations longues (2 à 3 heures au total, pour préparer les deux repas de la journée) où les aliments de base sont proches de ceux de la cuisine française mais sont préparés différemment. C'est une alimentation riche en légumes frais et secs mais pauvre en laitages, plutôt réservés à l'enfant, à part le fromage turc. De plus, elle est riche en sucres et en graisse, en viandes, notamment de mouton et les différents groupes alimentaires ne sont pas consommés quotidiennement comme le préconisent les manuels. 7 des 18 femmes ont remplacé un repas par des aliments sucrés grignotés (gâteaux, thé au moment des réunions féminines) ou ont sauté un repas (12/18). De plus, les repas ne sont pas pris à heures régulières.
Les conséquences en sont une prise de poids (23 femmes sur 28 interrogées ont ce type de souci, 19 présentent un excès de poids important, 15 sont obèses ? mais il s'agit de femmes se présentant déjà auprès d'une conseillère). L'auteur souligne que la gêne causée par des surcharges pondérales légères est moins médicale que psychologique, surtout chez les adolescentes influencées par les modèles esthétiques français. Néanmoins, certaines femmes connaissent de sérieux problèmes de santé notamment chez les plus âgées (diabète gras, ostéoporose, maladie cardio-vasculaire).
La seconde partie est la description du programme prévu pour la semaine d'éducation mise en place par la jeune conseillère au centre social en partenariat avec la professionnelle ESF en poste.

Commentaire

Les informations fournies ont le mérite de s'appuyer sur un questionnaire auprès de 18 femmes, remplis avec l'aide de la CESF qui est turcophone. Les informations socio-économiques sur les femmes enquêtées sont détaillées, de même que les renseignements statistiques sur le quartier étudié, dont certains proviennent de l'INSEE et d'autres de l'enquête personnelle. Il est dommage que le rapport ne rende pas compte de la façon dont les volontaires d'origine turques ont participé à l'action éducative. On peut néanmoins s'interroger sur une telle démarche normative qui entend respecter la culture culinaire des femmes turques tout en pointant ces "erreurs".
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