
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Santé
Population : Immigrés
Origine : Diverses
L?hospitalisation, un autre exil ?
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 1995
Auteur : Rouille H.
Formation : infirmier psychiatrique
Institution : Centre de formation, centre hospitalier spécialisé Guillaume Régnier, Rennes
Diplôme : diplôme infirmier psychiatrique
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 66
Iconographie : non
Localisation : Institut de Formation des Soins Infirmiers, Centre Hospitalier Spécialisé Guillaume Régnier, 15 Rue du Bois Perrin, Rennes, 02 99 33 39 00 poste 35-24 (responsable, Mme Cochet) (IFSI, CHRS, BP 60321 35703 Rennes Cx 7)
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible
Résumé
Les hypothèses et les interrogations de départ ont été forgées lors d'un stage d'observation de la consultation médicale au Foyer AFTAM Guy Houist de Rennes recevant des demandeurs d'asile. Un questionnaire a ensuite été construit autour de l'expérience de l'hospitalisation et passé auprès de 8 résidents ayant déjà été hospitalisés en France (6 femmes et 2 hommes, âgés de moins de 20 ans à plus de 60 ans, originaires du Zaïre, de l'ex-Yougoslavie, d'Afghanistan, d'Algérie et de Somalie).
Les difficultés linguistiques liées à la langue ont été relativisées par le fait que la plupart parlait déjà français au moment de l'hospitalisation. Un interprète de la ville est venu pour une personne ou des proches ont servi de traducteur (conjoint, traduction par téléphone depuis le Foyer) mais seuls 3 individus ont eu l'impression d'être compris quand ils demandaient quelque chose. Le sentiment général est pourtant celui de la satisfaction (4 des femmes étaient hospitalisées pour un accouchement). Seuls 2 individus en ressortent insatisfaits (souffrance pas prise en compte, indisponibilité du personnel, l'un fut choqué de voir entrer dans sa chambre des visiteurs masqués sans en avoir été informé avant). 5 interviewés ont été impressionnés par un environnement qui leur semblait nouveau (l'un a trouvé l'endroit trop calme, les autres sont élogieux sur la propreté, la nourriture?) Le système de soins français est dans l'ensemble bien considéré. 3 individus ont formulé des critiques (phobie du personnel soignant face aux maladies, système moins bon qu'en Suisse, manque de disponibilité du personnel). Globalement, les patients ont reçu des visites de parents et d'amis et ne se sont pas trouvés isolés. L'un a reçu uniquement la visite d'une personne du Foyer et l'autre d'une assistante sociale de l'hôpital. Seule la moitié des patients a demandé des explications sur sa maladie. Ceux qui en ont demandé ont les seuls à en avoir reçu. Les infirmiers et les aides-soignants ont été plus prolixes en explications que les médecins. 5 personnes sur 8 ont été interrogées sur leur religion (afin d'en tenir compte dans le traitement éventuel du patient) mais toutes sauf une ont été consultées sur leurs habitudes alimentaires. Des questions sur d'autres habitudes de vie n'ont pas été posées par le médecin mais 6 fois par l'infirmier et 2 fois par l'aide-soignant.
Après avoir fait des commentaires sur les difficultés rencontrées par les étrangers et les quiproquos et la gêne auxquels peuvent amener l'absence de respect de la différence culturelle, l'auteure, dans son « projet de soins », fait la liste d'amélioration à apporter : livrets bilingues (existant déjà en 4 langues, édités par le Comité médico-social pour la santé des migrants), sensibilisation des étudiants en médecine au problème du langage des malades étrangers, cours de français à l'hôpital en séjours de longue durée, sensibilisation à l'approche du soin interculturel et à l'ethnologie, sensibilisation à la communication par la chaleur humaine et le respect, qui sont universels?
Commentaire
Malgré sa portée limitée et le flou méthodologique entourant l'étude (on ne sait pas comment les 8 individus ont été sélectionnés ni quelles étaient les caractéristiques et le nombre de ceux qui ont refusé de répondre), elle apporte des éléments de connaissance utiles. Les résultats objectifs montrent des évaluations globalement positives de l'hospitalisation, malgré certaines difficultés rencontrées par les étrangers interviewés (médecins beaucoup moins enclins au dialogue que les infirmiers et les aides-soignants, surtout). La seconde partie est une extrapolation, hors du contexte de l'enquête, sur les souffrances endurées par les réfugiés et la distance séparant les systèmes de soins « traditionnels » du système de soins français. Ces commentaires semblent parfois en décalage avec les résultats de la première partie et donne une vision un peu déformée car passéiste de la réalité actuelle des pays du Sud (« pour un Africain qui jusque-là n'a eu comme seul intervenant de santé que le sorcier ou le marabout du village, nos habitudes de soins lui paraîtront étranges et magiques ») p. 40 - sentiment d'étrangeté qui n'est confirmé par aucune donnée et qui se situerait plutôt à d'autres niveaux comme celui des relations sociales). Néanmoins, le fait de vouloir prendre en compte la diversité culturelle à l'hôpital est une intention à saluer.
