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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Adaptation
Population : Etudiants
Origine : Madagascar

Etudiants malgaches à Rennes
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 2005

Auteur : Cuzon A.
Formation : sciences politiques
Institution : Institut d'Etudes Politiques de Rennes
Diplôme : fin d'études
Tuteur : Maliesky D.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 89 + annexes
Iconographie : non

Localisation : cote : IEP 2005 CUZ, IEP Rennes, 104 bd de la Duchesse Anne, 35 000 Rennes, 02 99 84 39 39, htpp: / /www.rennes.iep.fr
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible

Résumé

L'auteure s'intéresse à la migration estudiantine malgache en France en analysant l'influence de la migration sur leur identité. Dans un premier temps, elle retrace l'histoire de cette migration, commencée dans la seconde moitié du XIXè siècle vers l'Europe et la France. L'annexion de Madagascar à l'empire colonial français (1895) met à mal cette migration, à l'exception des étudiants appartenant à des familles privilégiées qui viennent étudier la médecine, la pharmacie ou la théologie. Après l'indépendance (1960), les étudiants continuent à vouloir venir étudier en France pour accéder ensuite dans leur pays à des postes honorables et à une position dominante. Dans les années 1980, il existe toujours un flux d'étudiants malgaches vers la France mais les retours au pays, dans un état économique et politique très dégradé, sont désormais moins fréquents. Au début des années 2000, environ 2 400 Malgaches étudient dans les universités de la métropole française : ils représentent un peu moins de 2% des étudiants étrangers, mais cette fraction reste importante au regard de la population malgache (16 millions). Sur les 50 000 Malgaches vivant en France, 1 sur 10 est étudiant. La migration concerne toujours une élite qui a pu accéder à Madagascar aux études secondaires, voire supérieures. Les étudiants malgaches rencontrés par l'auteure sont francophones depuis leur enfance, les liens culturels avec la France sont présents dans leur histoire familiale. L'auteure explique que « l'identité malgache », plurielle, repose sur quatre piliers : la famille étendue ; le fihavanana qui signifie des relations à la fois hiérarchisées et solidaires entre les membres de la famille ; le christianisme ; et, pour l'élite, l'accès au savoir et à la culture. L'auteure mène son enquête à Rennes, qui n'est pas une ville traditionnelle d'installation des étudiants malgaches. La ville compte environ 150 personnes d'origine malgache ; en dehors du temple protestant, l'auteure observe l'absence de structures formelles d'organisation de liens de sociabilité malgache. Une cinquantaine d'étudiants est inscrite dans les universités rennaises. A. Cuzon cherche à comprendre les raisons de leur présence à Rennes, leurs liens avec les autres Malgaches et les conséquences du contact avec la société française sur leur identité. Les jeunes Malgaches sont venus à Rennes car ils y avaient déjà de la famille ou des connaissances. Ils sont hébergés pendant un ou deux ans et cette transition leur permet de s'adapter à leur nouvel environnement. La vie en célibataire, et l'hébergement en cité universitaire, entraîne une rupture avec les modes de vie habituels à Madagascar. Les étudiants disent mal supporter l'indifférence étudiante. Les parcours sont difficiles et l'échec dans les études est honteux, portant atteinte à l'honneur de la famille. Les étudiants s'affirment malgaches parce qu'ils sont nés et ont grandi à Madagascar ; ils disent leur attachement à la terre et à la famille. Dans l'émigration, la famille ou a défaut, le réseau étudiant malgache joue un rôle de substitution à la famille d'originel. Lefihavanana donne lieu à l'existence d'une solidarité entre étudiants sur le modèle familial. La langue, la musique, les chants montrent l'importance de la société malgache au quotidien. Néanmoins tous les étudiants ne se positionnent pas de la même façon par rapport à la « malgachité », entretenant des liens plus ou moins étroits avec l'univers malgache. L'auteure évoque des relations structurées en réseau plutôt que sur le modèle communautaire, les étudiants n'ayant pas ou plus de relations avec les Malgaches rennais, en dehors du cadre familial. Ils sont dans une logique d'ouverture à la société d'accueil et cherchent à entretenir l'image d'une population étrangère qui ne pose pas de problèmes. Ils regrettent de ne pas être identifiés comme des Malgaches par les Français et parfois confondus avec des Africains ou des Asiatiques.

Commentaire

Le document met en lumière une population peu connue à Rennes. La troisième partie aurait demandé davantage de développement et l'auteure elle-même souligne la limite de son corpus (dix entretiens) et de ses outils d'analyse.
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