
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Histoire
Population : Divers
Origine : Divers
Le monde en Bretagne. la Bretagne dans le monde. Voyages, échanges et migrations
Lieu de l'étude : Bretagne Extérieur - 2006
Auteur : Carillo-Blouin E. (coordination)
Formation : histoire et ethnologie
Institution : Centre de Recherche Bretonne et Celtique
Type document : livre
Support : papier
nbre de pages : 222
Iconographie : non
Localisation : CRBC, Faculté des Lettres et Sciences Sociales Victor-Segalen, 20 rue Duquesne, CS 93837, 29238 Brest Cedex 3
Accessibilité : publié (18 ?)
Résumé
(4ème de couverture) Bretagne, terre d'immigration ? Cela n'a pas toujours été le cas, au regard d'autres régions. Au cours de son histoire moderne, la Bretagne s'est en effet caractérisée par des passages et des séjours ponctuels d'individus ou de groupes d'individus, dont le parcours de certains est mis en évidence dans cet ouvrage collectif. En revanche, ceux qui sont restés semblent avoir été « submergés » par la population locale. Cependant, bien que la Bretagne ne commence à devenir une terre d'immigration véritable qu'à partir de la Seconde guerre mondiale, ce n'est pas pour cela qu'elle n'aurait rien à apporter dans le débat actuel : contrairement à de nombreuses régions françaises, la Bretagne se distingue par l'émigration d'une partie de sa population, surtout à partir du XIXe siècle, que ce soit vers Paris ou vers d'autres contrées françaises, voire Outre-Atlantique. Région « à forte personnalité », ses ressortissants restent néanmoins liés, pendant un temps qui parfois se compte en générations, à leur lieu d'origine. La mise en perspective de différents cas à diverses époques, du Moyen Age à nos jours, nous permet de mettre en lumière l'historicité du concept de « migrant », tout en servant de miroir pour nos préoccupations actuelles. C'était le propos fondamental de cette approche comparative sur une région qui, même de ce point de vue, semble constituer une exception par rapport au reste de la France.
Commentaire
Cet ouvrage est issu d'une journée d'études à l'Université de Bretagne Occidentale dont l'ambition est de faire le point sur travaux de chercheurs abordant les questions concernant les migrations et les échanges culturels et sociaux qu'elles génèrent, à travers le sujet traité : la Bretagne. Les contributions sont les suivantes : Anglais et Bretons dans le duché sous Jean IV (Jean-Christophe Cassard) ; Migrants et migrations dans les villes bretonnes sous l'Ancien régime (Philippe Jarnoux) ; Huguenots, donc étrangers ? Les protestants bretons : un débat historiographique (Jean-Yves Carluer), Les communautés marchandes de l'Europe du Nord dans les ports bretons au XVIIIe siècle (Pierrick Pourchasse) ; Les Bretons au carrefour des batailles locales et internationales sur la frontière Nord-Ouest entre le Mexique et les Etats-Unis ? 1850/1911 (Elsa Carrillo-Blouin) ; La crise identitaire des Gallois du Chubut (Françoise Maurel) ; L'ancêtre immigré : de la mémoire au mythe (Céline Emery) ; Les Bretons de Paris : un groupe témoin (Annick Madec). La contribution de Philippe Jarnoux est particulièrement éclairante pour la compréhension des migrations dans la province bretonne de l'Ancien Régime et, par ces précisions méthodologiques, stimulante pour la recherche historique sur ces phénomènes. Selon l'auteur, les questions, débattues par les historiens, sur la relative absence ou présence de migrants ou d'étrangers dans les villes, se singularisent en Bretagne dans la mesure où les villes sont perçues comme des pôles d'acculturation dominées par des bourgeoisies allogènes françaises et, par conséquent, se pose le problème de la définition du migrant ou de l'étranger. Fort de ce constat, l'auteur entreprend de dresser un bilan des questionnements et des connaissances sur la situation bretonne, en trois temps. Tout d'abord, il s'arrête sur les problèmes de méthode, puis dresse un état, non exhaustif, des groupes d'étrangers ou de migrants dans les villes bretonnes ; enfin, il s'interroge sur les problématiques de l'intégration de ces migrants à la Bretagne et à ses villes. des approches micro-historiques privilégiant les récits individuels, les biographies. Les migrations des élites techniciennes et lettrées existent de manière importante et régulière dans les villes bretonnes. Même si ces hommes sont peu nombreux, leurs fonctions leur donnent une forte visibilité sociale et donnent en quelque sorte aux villes bretonnes une coloration plus « française ». Le monde militaire est lui largement ouvert à l'étranger, notamment à partir du XVIIIe siècle, avec la présence de régiments irlandais, suisses ou allemands qui parfois s'installent sur place. Les marins étrangers sont aussi présents dans les ports, lors d'escales plus ou moins brèves, parfois emprisonnés. Enfin, à ces groupes assez repérables, il convient d'ajouter des flux plus diffus, par exemple ceux issus du monde artisanal (apprentis, compagnons?). Activités maritimes, position des villes sur des axes de circulation et dynamisme économique jouent dans l'intensité de l'ouverture aux populations extérieures. Les villes bretonnes sont donc bien concernées par les migrations et certaines paraissent même très ouvertes dans le contexte de l'Europe d'Ancien Régime. En conslusion, P. Jarnoux interroge l'intégration des migrants dans les populations locales, en la traitant d'une part, sous l'angle linguistique, d'autre part, sous l'angle de l'installation à travers les unions conjugales et les alliances familiales. Dans ce dernier cas, les migrants, plus souvent des hommes, ont été intégrés dans les réseaux familiaux, n'apparaissant plus au fil du temps comme des groupes de l'extérieur.
