
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Discrimination
Population : Immigrés
Origine : Mali
Familles immigrées en milieu rural : les Maliens de Collinée (Côtes d'Armor)
Lieu de l'étude : Collinée (22) - 2006
Auteur : Etiemble A ./ Morillon A.
Formation : Sociologie
Institution : Odris / Acsé
Type document : rapport
Support : papier, téléchargeable
nbre de pages : 75
Iconographie : non
Localisation : htpp://www.odris.fr/documents/etudes/familles_immigrees_en_milieu_rural.pdf
Accessibilité : téléchargeable
Autre localisation : Odris, Garmeaux, 35150 Janzé, 02 99 47 35 35
Accessibilité : téléchargeable htpp://www.odris.fr
Résumé
En 2006, l'Odris a mené un diagnostic territorial à Collinée, commune de 1000 habitants dans les Côtes d'Armor, pour répondre aux interrogations du Fasild régional sur la situation des familles maliennes venues dans la commune dans les années 1970 en réponse à l'appel de main-d'?uvre de l'entrepreneur local. Les sociologues A. Etiemble et A. Morillon ont cherché à intégrer à leur étude les interrogations des acteurs locaux sur la « jeunesse » de Collinée. Plutôt que de cibler une population spécifique, au risque de la stigmatiser, les chercheures ont donc pris en compte l'ensemble de la population collinéenne, et parmi elle, les « jeunes » et les « Maliens », en inscrivant leur approche dans la sociologie des relations interethniques. Le diagnostic s'appuie sur des données statistiques et documentaires, des observations de scènes sociales (« repas malien », réunions d'associations?), enfin, un corpus d'une cinquantaine d'entretiens. Située dans le pays de Mené, un secteur rural, Collinée est une commune ouvrière, en raison de l'industrie agroalimentaire, et jeune, avec plus d'un tiers de sa population âgée de moins de 20 ans (1ère partie du rapport). Les comportements des jeunes, comme les sociologues le constatent dès les premiers jours du diagnostic, inquiètent des adultes qui affirment l'existence de tensions entre les jeunes « Blancs » et les jeunes « Noirs ». Des enseignants, des élus, des professionnels expliquent ces tensions par le nombre croissant d'enfants de Maliens et les « difficultés d'intégration culturelle » de ces derniers. Pour mieux comprendre la problématique implicite à ces perceptions, les auteures examinent les expériences relatives à la jeunesse dans les domaines de la scolarité, des loisirs et de l'emploi ainsi que les jeux de frontières : « noirs/blancs », « le bourg/le quartier de la Bosse », etc. (2ème partie du rapport). Le secteur est classé en Réseau d'Education Prioritaire. De la maternelle au collège, les enseignants font des constats proches sur l'homogénéité sociale des familles (« familles défavorisées »), l'absence de « mixité sociale » et leurs effets négatifs sur les résultats scolaires. Les « problèmes de comportements » des élèves, les violences, dès la maternelle, sont soulignés par les professionnels qui comparent fréquemment ces faits à « la banlieue ». Cette référence à la banlieue est particulièrement activée à propos des enfants de Maliens, par les élus, les acteurs associatifs ou les professionnels de l'animation. A leur sujet, plus communément, les spécificités et les contraintes du contexte rural et ouvrier sont occultées et leurs comportements expliqués par le registre culturel et identitaire, en passant sous silence les effets de l'assignation, raciste ou culturaliste, à « une origine ». Plus généralement, A. Etiemble et A. Morillon analysent le traitement social des « Maliens » à Collinée, démontrant l'articulation entre la valorisation de la « culture malienne » et la stigmatisation des « Maliens » (3ème partie du rapport). L'appréhension globalisante des familles maliennes par les non Maliens, en l'occurrence les élus et les différents professionnels, en tant que « communauté » conduit à l'adoption d'attitudes et de propos ambigus à l'égard des familles et de leurs enfants, leur reprochant une « logique communautariste » tout en la sollicitant bien souvent (convocation de tous les parents lors d'incivilités de deux ou trois enfants?). In fine, les sociologues montrent que les jeunes de parents maliens, la plupart nés ici, continuent à être considérés comme s'ils venaient d'arriver dans la commune et les « problèmes » posés par leur présence résolus par leur départ (attendu ?) vers la région parisienne ou le Mali. Les uns et les autres évoquent à leurs propos des « problèmes d'intégration » et évitent ainsi la question du racisme et des discriminations, parlée à mots couverts et non sans ambiguïtés (les jeunes « se font des idées », ils font eux-mêmes preuve de « racisme anti-blanc », dit-on aux chercheures). De fait, en conclusion du diagnostic, les sociologues émettent des préconisations dont la première est de « lever le tabou » sur le racisme et les discriminations vécues par les jeunes et leurs familles.
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