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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Accueil
Population : Réfugiés
Origine : Asie du Sud-est

"L'accueil des réfugiés d'Asie du Sud-Est à Rennes", Pluriel-débat, 1981, n° 28, pp. 23-56.
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 1981

Auteur : Simon-Barouh I.
Formation : ethnologie
Type document : article
Support : papier
nbre de pages : 33
Iconographie : non

Localisation : document publié
Autre localisation : Adériem, secrétariat : 02 99 47 15 95 (carton Simon-Barouh)
Accessibilité : consultable sur place

Résumé

L'auteure examine l'histoire de la constitution de la minorité asiatique en France (depuis l'arrivée des milliers de Chinois et d'Indochinois venus remplacer la main d'?uvre nationale et combattre sur les champs de bataille, lors de la Première Guerre) puis la réglementation de l'accueil des 100 000 réfugiés d'Asie du Sud-est (en 1981) et enfin la situation particulière de la ville de Rennes, où elle se livre à une enquête de type ethnographique, recueillant tous les éléments informant le processus d'installation dans la ville. Le premier accueil des réfugiés a lieu dans les centres de transit de la région parisienne, initialement destinés aux travailleurs immigrés. Le Foyer Guy Houist de Rennes, CPH, a ouvert ses portes aux réfugiés pour répondre à la politique nationale de dispersion de l'accueil sur le territoire français ? et l'auteure montre à cet égard le hiatus entre "l'idéologie de la dilution" et le comportement effectif des étrangers et de la population d'accueil (dont les représentations ne sont pas liées au nombre réel d'étrangers). Le CPH a ainsi reçu entre 1975 et 1981 1128 personnes venues d'Asie du Sud-Est (Cambodge, Viêt Nam, Laos). La vie quotidienne et son organisation y sont décrites, notamment la cohabitation entre travailleurs immigrés et réfugiés.
Le contact avec le système administratif n'est pas toujours simple (déterminations différentes de la date de naissance, du nom personnel ? avec toutes les erreurs de transcription ?, etc.), des tâches qui apparaissent comme vitales aux travailleurs sociaux pour les inscriptions diverses (ANPE, Préfecture, OFPRA, Aide Sociale) mais plus anodines à beaucoup de réfugiés qui n'en ont pas l'habitude et n'en comprennent pas l'importance. L'apprentissage du français conditionne l'insertion économique. Les hommes ont une connaissance du français bien supérieure à celle des femmes à l'arrivée. Ils sont très soucieux de participer au cours, conscients de leur importance, tandis que les femmes y vont plus par discipline et entament un repli sur soi qui ira croissant au sortir du foyer. Les cours restent une abstraction avant la confrontation à la vie extérieure. Quant aux apprentissages de la culture française, ils sont prodigués dans des domaines tels que la puériculture (où les femmes, parfois mères de plusieurs enfants, sont "éduquées" sur les heures de tétées et le type d'alimentation à fournir aux enfants). Les repas, d'abord distribués dans un restaurant proche, ont ensuite été laissés à l'initiative des réfugiés (distribution de produits frais) devant l'insuccès de l'opération. Les réfugiés sont immédiatement orientés vers des métiers "manuels" (tableau des catégories professionnelles au pays d'origine et à Rennes) dans un souci de trouver une source au moins de revenu par famille, avant la sortie du Foyer (une grande majorité d'ouvriers pour les hommes, de femmes au foyer).
En conclusion, l'auteur caractérise les différentes étapes franchies par les réfugiés depuis la fuite du pays. Le Foyer Guy Houist est un milieu somme toute sécurisant qui prépare à l'autonomie complète et à la recomposition de groupes ethniques sur une base associative (Lao, Cambodgiens, Vietnamiens) ou familiale-clanique (pour les Hmongs).

Commentaire

L'enquête approfondie, menée peu après l'arrivée en France, est un document irremplaçable sur les premiers temps de l'installation des réfugiés d'Asie du Sud-Est à Rennes (synthèse claire et précise). Les comptages de première main (nombre de réfugiés, catégories professionnelles, localisation dans la ville) sont présentés. L'auteure est à la fois soucieuse des perceptions des réfugiés eux-mêmes comme des travailleurs sociaux, voire de la société d'accueil dans son ensemble : elle rappelle en particulier dans la conclusion comment les obédiences politiques en France, après les débats passionnés des années 1970 sur les révolutions en Asie, ont influencé l'accueil, dans les milieux de droite comme de gauche.
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