
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Adaptation
Population : Femmes
Origine : Maroc
Aspects de l'acculturation de quelques femmes marocaines immigrées à Rennes
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 1985
Auteur : Guillou A. Y.
Formation : sociologie
Institution : université Rennes 2, Ceriem
Diplôme : licence
Tuteur : Simon P. J.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 87
Iconographie : non
Localisation : chez l'auteure, anne.guillou@uhb.fr
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible
Résumé
Dans sa première partie, l'auteure donne les grandes lignes de la problématique sociologique liée à l'acculturation des femmes marocaines en France. Elle revient en particulier sur les différents modes de différenciation/hiérarchisation sociales (origine ethnique, genre, place dans la division du travail, âge) et sur les spécificités sociales des femmes immigrées dans ce cadre général, les femmes devant être étudiées comme des acteurs sociaux à part entière, et non plus seulement dans le rapport hommes-femmes d'une part et dans le rapport à une hypothétique "tradition" d'autre part. Outre le concept d'acculturation, l'auteure s'interroge également sur la définition d'une ethnicité marocaine et les difficultés d'une telle entreprise.
L'enquête proprement dite a consisté en l'observation participante de cours d'alphabétisation (et les activités afférentes) organisés par le CLPS (organisme de formation breton) ainsi que dans le recueil d'un récit de vie d'une jeune femme marocaine de 26 ans, mariée et mère de trois enfants, marginalisée par la "communauté" marocaine de Rennes.
Les cours d'alphabétisation au Landrel et à la Maison des Squares (Sud de Rennes) sont l'occasion d'aborder les difficultés de l'apprentissage du français, le lieu de sociabilité (avec certaines séparations entre groupes) qu'ils constituent, et les enjeux forts, notamment économiques, de l'apprentissage de la langue du pays d'accueil pour les apprenantes marocaines.
La vie de Aïcha, la jeune femme de 26 ans illustrant certains processus acculturatifs, se présente comme une certaine libération de la tutelle de ses beaux-parents au Maroc, tutelle qu'elle refuse catégoriquement de subir de la part de son mari. Ayant entamé une procédure de divorce d'avec son mari, elle en présente l'image du Marocain "mal intégré" (ne se plaisant pas en France, parlant mal le français), de l'"Arabe" dont elle a finalement intégré les stéréotypes négatifs ("Moi je ne suis pas d'accord avec les racistes. Mais des fois, ils ont raison d'être racistes") et se disant "plus proche des Français". Les modes d'expression de sa marginalisation du milieu marocain, principalement lié au fait qu'elle vit avec un ami depuis qu'elle est séparée de son mari, sont détaillés ("la vertu", l'honneur de la famille, le statut usurpé de l'homme, l'indépendance économique, la conquête de l'espace extérieur, l'autorité conjugale renversée et la "féminisation" du mari, etc.). Mais, au-delà de ces pratiques et des discours justificateurs de Aïcha, c'est une ethnicité marocaine qui s'exprime dans sa condamnation des couples mixtes (son ami est marocain), son dégoût clamé pour le porc, sa différence avec les "Françaises".
Si l'acculturation de Aïcha est réelle et profonde, s'exprimant dans le conflit et les difficultés relationnelles avec ses co-ethniques, sa quête est celle d'une réinvention de son identité de femme, de Marocaine et de migrante.
Commentaire
Le texte apporte des éléments d'observation (cours d'alphabétisation, parcours biographique) de différents facteurs acculturatifs de femmes marocaines à Rennes. Le contexte local apparaît peu, à part dans la description des séances d'apprentissage du français dans des structures de quartier et les actions entreprises avec ces femmes par les travailleurs sociaux (groupe de cuisine marocaine-traiteur).
