
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Adaptation
Population : Immigrés
Origine : Turquie (Turcs et Kurdes)
Manières de faire et manières de penser de familles turques et kurdes dans une petite ville bretonne
Lieu de l'étude : Redon (35) - 1991
Auteur : Josso S.
Formation : sociologie
Institution : université Rennes 2, Ceriem
Diplôme : licence
Tuteur : Simon-Barouh I.
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 104 + annexes
Iconographie : oui
Localisation : Adériem, secrétariat : 02 99 47 15 95
Accessibilité : consultable sur place
Résumé
L'étude, de type monographique et ethnographique, décrit la vie de quatre familles de nationalité turque (et d'appartenance ethnique "turque" et kurde) installées à Redon (Ille-et-Vilaine), ville de 10 000 habitants accueillant quelques usines (constructions de pièces détachées pour automobile, maçonnerie, fonderie) où travaillent la majorité des hommes turcs de la ville (les Turcs représentant environ 120 à 150 personnes au total). Le choix d'inclure des familles kurdes est le fruit du hasard des rencontres, Redon comptant quatre familles kurdes de Turquie au total.
Le "quartier turc" de Redon est le quartier de Bellevue, le seul à offrir des logements HLM. Dévalorisé et souffrant de représentations négatives, sa réhabilitation au moment de l'étude est susceptible d'améliorer son image.
L'auteur décrit d'abord les "manières de faire", supports de la vie quotidienne (cadre de vie, vêtements, habitudes alimentaires) puis les techniques du corps et les activités quotidiennes, l'accueil des invités, les efforts pour maintenir les traditions. La seconde partie, consacrée aux "manières de penser", traite de la langue, de la place des enfants, du sentiment d'appartenance ethnique, des pratiques religieuses, du statut de la femme et de la "mystique de la propreté", pour conclure sur un bilan du processus d'acculturation.
Le tout est décrit d'une façon extrêmement vivante, ponctué de nombreux détails sur la vie quotidienne : la fatigue et les traits creusés des hommes rentrant du travail ; la sociabilité turque, intense et chaleureuse, rendant beaucoup moins nécessaire les relations amicales avec des Français ; le mélange relatif des familles "turques" et kurdes, la capacité d'hébergement impromptu d'amis venus à Redon pour des funérailles.
Les différences entre ménages kurdes et "turcs" sont relatives (décoration d'intérieur avec des photos de l'Anatolie ou de la région kurde, femmes portant plus volontiers le pantalon noir chez les Kurdes, éducation des filles moins sévère, les Kurdes interviewés sont d'obédience chiite, statut de la femme, moins dominé chez les Kurdes rencontrés).
Commentaire
L'intérêt méthodologique réside dans le très bon travail d'observation menée par l'étudiante en sociologie : elle a été accueillie dans des familles où elle a pu vivre de nombreux moments de la vie quotidienne (y compris en étant hébergée) et participer de l'intérieur à cette riche vie intra-ethnique. Les documents photographiques en couleur sont nombreux et intéressants. L'approche est uniquement qualitative. Il manque dans l'observation le point de vue des Redonnais d'origine sur ces familles.
