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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Association
Population : Réfugiés
Origine : Laos (Lao)

Organisation collective et ethnicité. Minorité lao à Rennes, Grenoble et Montréal
Lieu de l'étude : Rennes (35), Grenoble (38), Montréal - 1994

Auteur : Bertheleu H.
Formation : sociologie
Institution : Université Rennes 2, Ceriem
Diplôme : doctorat
Tuteur : Simon P.J.
Type document : mémoire
Support : papier, microfiches
nbre de pages : 467
Iconographie : non

Localisation : Bibliothèque centrale universitaire, Campus Rennes 2, Villejean, 19, av. de la bataille de Flandres-Dunkerque, 35043 Rennes cedex, Tél. 02 99 14 12
Accessibilité : empruntable, consultable sur place, photocopiage possible
Autre localisation : Adériem, secrétariat : 02 99 47 15 95
Accessibilité : consutable sur place, téléchargeable

Résumé

Cette Thèse repose sur un travail de terrain effectué dans trois agglomérations, Rennes, Grenoble et Montréal, auprès des réfugiés lao transplantés. Confrontés, dans ces différents contextes, à d'importantes mutations sociales et culturelles, les Lao s'organisent collectivement afin de mieux vivre la transplantation. Ils manifestent un dynamisme associatif que rythment des conflits et des compromis politiques et culturels : opposition entre les classes d'âge, rivalités entre leaders traditionnels et intermédiaires impliqués dans la relation avec la société d'accueil, tensions entre les tenants d'une hiérarchie sociale rigide et partisans d'une solidarité "horizontale" plus démocratique. Derrière ces conflits, se profilent des définitions différentielles de l'ethnicité, de l'appartenance de groupe. Par cette étude comparative, l'auteur a tenté de saisir l'impact du contexte urbain et, au-delà, du contexte national sur le fonctionnement collectif d'une minorité ethnique.Une première comparaison confronte les situations de Rennes, capitale de la Bretagne ou vivent peu d'étrangers, et Grenoble, ville industrialisée et dotée d'une vieille expérience de l'immigration. L'étude de la minorité lao de Montréal permet de complexifier la comparaison en faisant varier le contexte national. Partie d'une démarche ethno-sociologique d'observations et d'entretiens qualitatifs, l'auteurs adopte progressivement une vision plus globale des situations : comparaison des idéologies de construction nationale et représentations de l'Autre qu'elles engendrent, évaluation de l'impact des politiques d'immigration adoptées de part et d'autre, description des contraintes qu'entraîne chaque contexte économique et politique local, observation des relations inter-ethniques enfin, telles qu'elles s'élaborent localement. Ces trois terrains permettent d'illustrer les formes que prend l'identité lao dans des situations de transplantation où dynamiques locales et nationales s'articulent différemment.Ainsi, se dégagent trois types différents d'organisations collectives lao selon les contextes d'installation (économie, habitat, localisation géographique, attitude des pouvoirs publics et, plus largement, de la société globale à l'égard des minoritaires) et les caractéristiques propres de chaque collectivité migrante (importance numérique, ses ressources). Ainsi, à Rennes, les emplois sont-ils peu nombreux et les Lao souvent chômeurs. Cela favorise la vie associative au détriment des autres dimensions de la vie sociale lao, dont la surenchère (invitations réciproques de familles) est coûteuse. Cette situation a favorisé également la montée en puissance, au sein de l'association, d'un intermédiaire lao (entre le groupe lao et la société globale) qui a beaucoup aidé ses compatriotes. Le logement a de même une influence car le principe de dispersion adopté par les pouvoirs publics en France n'a pas été remis profondément modifié par les quelques pôles de proximité qui ont favorisé la sociabilité au niveau des sous-groupes lao (regroupant quelque familles). Enfin les scissions que l'on observe au sein des associations lao à Rennes et Grenoble sont directement causées par les attitudes divergentes adoptées par les uns et les autres à l'égard des Français ; la situation est différente à Montréal où la structure sociale est cloisonnée en fonction de critères ethniques et religieux, favorisant la juxtaposition des univers culturels et ethniques. Ces différences dans les organisations intraethniques ont, enfin, des conséquences sur l'ethnicité lao. On assiste ainsi à Rennes ? au terme d'un processus analysé dans le détail par l'auteur ? à une redéfinition collective de l'ethnicité là où, à Grenoble l'identité lao n'est guère mobilisée car les associations ne parviennent pas à imposer un réel contrôle social sur leurs membres ; et où, à Montréal, il existe des tentatives ponctuelles de contrôle de l'identité collective, due à une multiplication des structures ethniques qui empêche la mobilisation collective.

Commentaire

Travail de grande ampleur qui allie observations ethnographiques de longue durée, comparatisme macro-sociologique et analyse des impacts des politiques nationales sur les formes de l'immigration dans ses dimensions formelles (vie associative) et subjective (construction de l'ethnicité lao, sous ses formes individuelle et collective). La façon dont tous ces niveaux interagissent est le souci constant de cette recherche. Le souci contextuel et, notamment, la description du cadre rennais, est central dans la démarche. Ce qui en fait l'un des travaux sociologiques de référence pour l'étude des migrations en Bretagne. L'approche est qualitative et ne fournit pas de tableaux statistiques de cette population. L'écriture est agréable, limpide, sans fioritures scientistes.
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