
Observatoire des Migrations en Bretagne
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Thème : Association
Population : Réfugiés
Origine : Cambodge
L'adhésion aux associations communautaires comme réponse aux menaces identitaires
Lieu de l'étude : Rennes (35) - 2004
Auteur : Gerard C.
Formation : conseiller en économie sociale et familiale
Institution : IRTS Rennes
Diplôme : diplôme d'Etat
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 44
Iconographie : non
Localisation : cote : 362-ESF/50600, IRTS, 2 avenue du Bois Labbé, CS 44238, 35042 Rennes Cedex, 02 99 59 41 41
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible
Résumé
Le mémoire tente de répondre aux questions concernant le besoin de regroupement au sein d'associations communautaires et leur pérennité. L'exemple traité est celui des Cambodgiens, avec l'hypothèse que les changements identitaires entraînés par l'exil sont soulagés par la "communautarisation". La première partie examine l'impact de l'exil sur l'identité cambodgienne. C'est en effet à la suite du régime khmer rouge et de l'invasion vietnamienne que les Cambodgiens ont fui en masse. Le régime khmer rouge a durablement marqué l'identité khmère par son déni de la personne humaine et de la culture cambodgienne et la vie de soumission et de peur qu'il a instaurée. Puis l'attente dans les camps de réfugiés et le deuil du passé ont été de nouvelles cassures identitaires. En France, la reconstruction identitaire s'est donc avérée difficile, bien que les réfugiés soient perçus de façon plus positive dans l'opinion française que les "immigrés" et que les personnes du Sud-Est asiatique aient bénéficié d'un grand élan de solidarité en arrivant. Mais la langue, l'alimentation, le climat, tout est différent et demande une adaptation. De plus, l'identité collective khmère a été ternie par le génocide, faisant passer ce peuple, considéré sous le protectorat français comme doux et pacifique, à une image décalée de lui-même, inacceptable.
On peut donc supposer que "l'inscription dans un groupe du type association communautaire, tel que ceux observés, permet d'apaiser la crise identitaire par les transactions identitaires (identité collective/identité individuelle) qu'elle permet"" (p. 22). L'auteure décrit ensuite l'Association Khmère d'Ille-et-Vilaine, créée en 1977 et demeurant dans des locaux prêtés par la ville dans la ZUP-Sud, et la nouvelle association née d'une scission avec la précédente, Solidarité Bretagne-Cambodge, née en 1999. L'enquête menée auprès de membres des deux associations montre que le groupe constitue une nécessité pour la reconstruction de l'identité personnelle. Chacun y possède un statut et un rôle et y reconstruit une image de soi positive, renforçant l'identité collective. Celle-ci s'exprime notamment à travers le bouddhisme et la pagode qui favorise les relations sociales et la transmission de la culture. Les associations permettent aussi l'entraide dans le groupe et en direction du Cambodge.
Mais la création de ces deux associations indique aussi un apprentissage de la citoyenneté française et l'ouverture culturelle par la participation à de nombreuses manifestations ?uvrant au brassage culturel. Cependant, l'association est susceptible de contribuer à une absence d'identification à la société française en restreignant le plus souvent le réseau de sociabilité à la "communauté cambodgienne", estime l'auteure. Le Conseiller en Economie Sociale et Familiale se doit donc de considérer ce type d'associations comme un partenaire qui peut constituer par exemple un relais entre le CPH et la société française. Car "avant de faire peur, les regroupements associatifs communautaires doivent d'abord être compris" (p. 44).
Commentaire
L'enquête, malgré sa faible amplitude et sa courte durée, a été sérieusement menée avec une présence suivie dans les associations, les weeks-ends. Mais au-delà des résultats proposés, sous-tendus par une approche en termes identitaires, c'est toute une évolution de la réflexion du travail social qui se donne à voir, passant d'une méfiance à l'égard des associations "communautaires", facteurs de "repli", à leur conception comme zones-tampons avec la société d'accueil et lieu de ressourcement permettant la recomposition identitaire.
