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Observatoire des Migrations en Bretagne

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Thème : Famille
Population : Réfugiés
Origine : Viêt Nam

L?épargne au quotidien des Vietnamiens réfugiés : une organisation de vie
Lieu de l'étude : Rennes (35) - (après 1992)

Auteur : Wattelle B.
Formation : conseiller en économie sociale et familiale
Institution : ESESFA Angers
Diplôme : fin d'étude
Type document : mémoire
Support : papier
nbre de pages : 40 + annexes
Iconographie : non

Localisation : Centre AFTAM Guy Houist, 22 rue Bahon Rault, 35000 Rennes, 02 99 84 28 78 (salle du personnel)
Accessibilité : consultable sur place, photocopiage possible

Résumé

Les travailleurs sociaux ont souvent remarqué la capacité à épargner des réfugiés vietnamiens dans les CPH. Quelle est cette épargne ? Comment les personnes s'organisent-elles pour économiser? A quoi correspond ce besoin d'économiser ? Telles sont les questions à l'origine de cette recherche, menée dans « un Centre Provisoire d'Hébergement de province » - qui est très probablement le foyer Guy Houist de Rennes. Sur les trente questionnaires diffusés, 18 ont été remplis (soient 16 questionnaires familiaux exploitables), complétés de sept entretiens (2 ménages encore au CPH, 2 ménages sortis depuis peu et 3 ménages sortis depuis quelques mois). La première partie, rétrospective, fournit en particulier des informations sur le rapport à l'argent au Viêt Nam. Dans un pays au très faible niveau de vie, la monnaie nationale, le Dong, varie trop pour constituer une valeur sûre d'épargne. Celle-ci est conservée sous forme d'or. Viennent ensuite des considérations sur « le Vietnamien : ses valeurs, sa façon d'être » où l'on lit que « la communication avec un asiatique n'est pas simple dans le fond » car « il n'aura pas comme l'européen une réflexion cartésienne, affirmative ou négative », soucieux en particulier de faire preuve de courtoisie en ne contredisant pas son interlocuteur.
La dernière partie expose les résultats de la recherche. Les ménages ont un taux d'épargne moyen de 14 % (soit 843 F, contre 12,8 % pour la moyenne française) dépendant de la durée de séjour en France et du nombre de personnes dans le foyer. Ce taux d'épargne peut dans certains cas être extrêmement élevé (jusqu'à 100 000 F en deux ans, d'après une observation faite par un travailleur social). Le coefficient attribué à l'alimentation est plus élevé que celui de la moyenne des « Français » (35,5 % contre 21,1 %) et le coefficient des transports et télécommunications plus faible (8,6 % contre 13,8 %). Selon l'INSEE, ces caractéristiques de dépenses sont celles des ménages à bas revenus. L'effort d'épargne est particulièrement élevé chez les demandeurs d'emploi (6 fois plus que dans la moyenne française à statut équivalent). Le logement fait également l'objet d'une volonté de réduire les coûts, d'où le choix du HLM. Seuls 3 foyers sur 16 pensent devenir propriétaires. Hygiène, santé et habillement sont autant de postes non prioritaires. Les loisirs, de même, sont peu coûteux et ce sont les enfants auxquels ces dépenses sont destinées (centres aérés) mais quelques parents déplorent de devoir payer pour que leurs enfants s'amusent.
En revanche les fêtes traditionnelles (cultes des ancêtres) sont des occasions de dépenses. La famille constitue à la fois « une sécurité et une charge » (p. 35) car il faut aider les membres restés au Viêt Nam qui parfois, ne vivent que grâce à ces dons.
L'épargne est systématique et basée sur des évaluations de dépenses antérieures à l'arrivée en France, c'est un véritable mode de vie de restrictions bien que les réfugiés n'en aient pas l'impression et jugent leur vie plus facile en France. Mais l'usage du crédit, inconnu au Viêt Nam commence à être utilisé au bout de 3 ou 4 ans en France.
L'auteure conclut que « la forte capacité d'épargne peut entraver la prise de contacts avec la société et par là même peut freiner l'insertion sociale » (p. 38). Les travailleurs sociaux doivent tenir compte de ce fonctionnement de l'épargne vietnamienne et « tenter de l'ouvrir sur l'extérieur, en développant les postes budgétaires tels que celui des loisirs, des repas à l'extérieur? L'attention sera portée sur le fait que le réfugié garde son identité propre » (p. 39).

Commentaire

Le sujet est original et peu traité, abordé avec sérieux malgré la faible ampleur de l'étude. Un intéressant tableau compare les postes de dépenses des réfugiés vietnamiens interviewés à la moyenne française. On s'étonne cependant que le système traditionnel de prêt, dit de la tontine, pourtant extrêmement répandu chez les Vietnamiens au Viêt Nam comme dans l'exil, ne soit pas du tout traité. Les lieux communs stéréotypés sur la « mentalité asiatique », ses conduites d'épargne et les manières d'y « remédier », sont finalement instructifs de la façon dont des travailleurs sociaux pouvaient concevoir cette population dans les années 1990.
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